le Mercredi 29 mai 2024

Le «Convoi de la liberté» qui a occupé le centre-ville de la capitale nationale en janvier et février 2022 a présenté une image surprenante pour plusieurs. Des revendications contre les mesures sanitaires face à la COVID-19 côtoyaient des appels à la liberté et un appel à remplacer le gouvernement fédéral.

Le plus surprenant, malgré le désordre dans les rues et l’absence de projet politique, les manifestant·e·s ont pu conserver le contrôle du centre-ville sans intervention policière (et parfois avec leur aide ainsi que celle de la ville d’Ottawa) pendant 23 jours. La violence de leurs propos et de leurs interpellations, en plus de certains incidents violents, ont placé les habitants du quartier dans la peur et la terreur.

Si le convoi pouvait sembler inoffensif, surtout en comparaison avec l’insurrection qui a eu lieu un an plus tôt à Washington, c’est du fait d’un journalisme qui s’en tient souvent aux apparences et aux discours de quelques représentant·e·s. Ces personnes cherchent à faire accepter leur message ainsi qu’à obtenir le soutien de ces groupes. Ces deux formes de normalisation par les politicien·ne·s et les journalistes passent autant par l’instrumentalisation politique que par l’absence de résistance ou de condamnation.

Au-delà de cette normalisation des idées d’extrême droite qui nous habitue à leur présence, il y a aussi la question de la légitimité de ces idées : on leur ouvre une place dans le débat d’idées sans les remettre en question. Pour justifier l’absence de résistance, on en appelle à une supposée “liberté d’expression” ou à une vision du débat démocratique qui ne tient pas compte de la destruction de la démocratie par les idées d’extrême droite.

Toutefois, lorsque l’on donne droit de cité à des mouvements et idées sans tenir compte de l’incitation aux comportements haineux qui la sous-tend, la démocratie est érodée et la sécurité des membres des groupes visés par l’extrême droite est compromise.

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Table avec des mets à manger

Inconnu

Une extrême droite en croissance

Pour saisir les enjeux des idées véhiculées par le convoi, il faut voir au-delà de l’évènement et comprendre ce qui lui a permis d’exister, ainsi que ce qui lui donne suite.

Les idées relayées par Pat King, l’un des organisateurs du «Convoi de la liberté», sont l’un des points de ralliement de ce mouvement. King est seulement une personne parmi tant d’autres, en Europe et en Amérique du nord, qui s’imaginent un «grand remplacement» en cours, où les politiques d’immigration viseraient à faire disparaitre les populations blanches. Les idées des mouvements d’extrême droite tendent d’ailleurs à être concentrées autour des questions d’immigration.

Ces mouvements cherchent aussi à défaire les avancées vers l’égalité politique au Canada, reprenant à l’envers les discours des mouvements sociaux précédents comme le «pas de justice, pas de paix» de Black Lives Matter.

Avant tout, il s’agit de mouvements dont les idées se propagent sur divers médias sociaux, dans des réseaux où règnent les théories du complot. La crise sanitaire tout comme le soutien aux camionneurs étaient ainsi des prétextes qui ont permis de rassembler divers petits groupes auparavant isolés.

L’appui à ces idées et au mouvement plus généralement parlant s’observe aussi par les sommes données par des individus à une campagne GoFundMe qui a amassé plus de 10 millions $. De tels dons témoignent d’un appui important, non seulement par certaines entités qui demeurent dans l’ombre — dont certaines aux États-Unis — et de petites et moyennes entreprises, mais également par un grand nombre d’individus.

Une droite institutionnelle qui s’extrémise

Longtemps avant le convoi, on s’est inquiété de l’extrême droite et du fascisme au Canada. Des études ont par ailleurs montré la présence et la ténacité des idées ouvertement fascistes au Canada notamment avant la Seconde Guerre mondiale et immédiatement après. Tant le Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation (CEFIR) que la Commission canadienne pour l’UNESCO publiaient des rapports en 2021 faisant état de la montée du fascisme. Et certains, comme l’enseignant en philosophie Xavier Camus et le Canadian Anti-Hate Network, s’assurent de suivre les échanges et discussions des groupes d’extrême droite sur les réseaux sociaux et dans la rue.

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À partir de plusieurs éléments disparates, prêts à être mobilisés, mais jusque-là isolés, le convoi a pu organiser la mise en place de nouveaux réseaux et assurer une collaboration et des liens avec l’extrême droite ailleurs dans le monde.

Ce qui est donc à craindre, depuis l’occupation d’Ottawa, c’est la formation d’un mouvement organisé là où l’on trouvait auparavant surtout des théories du complot et des plaintes partagées sur les réseaux sociaux de personne à personne.

Pendant l’occupation d’Ottawa, plusieurs élus conservateurs avaient annoncé leur appui, dont la cheffe intérimaire du Parti conservateur du Canada, Candice Bergen. Celle-ci devait d’ailleurs son poste à une révolte de la part des membres du Parti qui appuyaient le convoi contre le chef Erin O’Toole qui refusait de le faire ouvertement. Cette dynamique a mené en fil droit à la nomination de Pierre Poilievre. On a pu voir des dynamiques semblables autour du Parti conservateur du Québec, notamment lors de la campagne électorale, ou encore autour de l’accession au pouvoir de Danielle Smith en Alberta.

Ce qui est ainsi à craindre, c’est un rapprochement entre le mouvement de l’extrême droite et le public plus large par le biais des partis politiques. Ce rapprochement ne signifie aucunement une modération de l’extrême droite vers le centre. Au contraire, les partis politiques ont tendance à se redéfinir autour des thèmes centraux aux discours de l’extrême droite et à se rapprocher de ces mouvements. Devant une telle menace, où il n’est souvent pas possible de convaincre celles et ceux qui soutiennent déjà ce mouvement, il demeure néanmoins possible de combattre la normalisation et la légitimation des idées d’extrême droite en montrant leur fausseté et les dangers qu’ils amènent.

Jérôme Melançon est professeur agrégé en études francophones et interculturelles ainsi qu’en philosophie à l’Université de Regina. Ses recherches portent notamment sur la réconciliation, l’autochtonisation des universités et les relations entre peuples autochtones et non autochtones, sur les communautés francophones en situation minoritaire et plus largement sur les problèmes liés à la coexistence. Il est l’auteur et le directeur de nombreux travaux sur le philosophe Maurice Merleau-Ponty, dont «La politique dans l’adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie» (Metispresses, 2018).

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En partenariat avec le Réseau du Patrimoine franco-ontarien (RPFO) et le magazine Le Chaînon et en l’honneur de la Journée internationale de la fille, qui marque aujourd’hui, le 11 octobre, son dixième anniversaire, La Tourtière salue dix jeunes Franco-Ontariennes qui ont inspiré nos communautés depuis 2012.

Aujourd’hui, elles sont des adultes, certes, mais au cours de la dernière décennie, elles étaient adolescentes et jeunes femmes. Des leadeurs, artistes et politiciennes qui continuent de façonner nos collectivités – et dont le récit commence à peine à se dessiner – prenant parole sur les grandes questions qui ont marqué notre monde. Ici et avec leur pleine participation, nous partageons leurs propos inoubliables sur la francophonie, la langue, l’appartenance et la jeunesse.

Ces jeunes femmes – les filles d’hier – sont les héritières de filles et créatrices de changement comme Jeanne Lajoie et les sœurs Desloges qui allaient défier les règles linguistiques du Règlement 17.

Comme Catherine Flons, qui allait coudre le tout premier drapeau d’Haïti, ainsi que Cécile Fatiman, une prêtresse qui allait déclencher la révolution à Bois-Caïman.

Comme ces filles de Sturgeon Falls, Rachel Paiement, qui allait donner voix aux «cris rauques et rocheux» de la renaissance franco-ontarienne et denise truax, qui allait monter aux barricades lors de la crise scolaire à Sturgeon Falls Secondary School.

Et comme la grande fierté de leurs ancêtres, Michelle O’Bonsawin, une étudiante qui allait oser rêver — et ce, malgré ses détracteurs, et l’éducatrice Mélanie Biidabin-Kwe Smits, qui allaient réclamer langue et culture, léguant cette quête à la prochaine génération.

Comme nos aïeules, les jeunes Franco-Ontariennes qui figurent sur cette liste sont à l’image de notre riche diversité, un écho du timbre de nos mille accents, dessinant l’avenir de nos communautés aux quatre vents de l’Ontario français.

Merci et miigwetch à toutes les jeunes femmes de nous avoir permis de les citer et de les célébrer. Quel privilège de plonger dans votre univers. Et surtout à Marie-Pierre Héroux, qui a fait mon éducation sur les femmes et les filles de l’Ontario français — j’apprécie beaucoup.

Photo : Courtoisie

 

 

Lydia Philippe
Orléans

«Je voulais parler avec la force de la jeunesse, malgré les difficultés, montrer qu’il va toujours pleuvoir, mais que le soleil va ressortir», disait Lydia Philippe, présidente de la FESFO lors de la Résistance de 2018.

 

Photo : Courtoisie

Amanda Simard
Embrun

«Il fallait se tenir debout — pour la francophonie, pour les francophones en Ontario», disait l’ancienne députée de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard, qui allait quitter le Parti conservateur dans la pénombre du Jeudi Noir en 2018. «Il fallait vraiment prendre notre place. Nous sommes une communauté fière, forte, vivante et nous voulons continuer de parler en français et de vivre en français.»

 

Photo : Courtoisie

 

 

Mimi O’Bonsawin
Sudbury

«Alors que je trouve ma place dans ce monde, j’ai le devoir de représenter mes ancêtres et ma communauté», dit l’artiste abénaquise Mimi O’Bonsawin. «Je porte ce beau nom de famille et ce sang et je suis vraiment reconnaissante.»

 

Photo : Courtoisie

Marie-Pierre Héroux
Embrun

«J’ai les deux symboles du drapeau, le lys et le trille, de tatoués sur le bras. Peu de gens connaissent l’histoire derrière ce tattoo», dit l’étudiante et l’activiste Marie-Pierre Héroux. «Je l’ai eu en 2017 après avoir vécu une épreuve qui m’avait fait remettre en question mon identité. Mon tattoo est donc un rappel quotidien de qui je suis et d’où je viens et que je fais partie d’une communauté vibrante.»

Photo : Courtoisie

 

 

 

Nathalie Larocque
Sturgeon Falls

«On est constamment dans la découverte de notre culture», explique Nathalie Larocque de son identité métisse. «Il ne faut pas avoir peur d’aller à sa découverte, et ce, par tous les moyens».

 

 

 

Photo : Sébastien Pierroz - ONFR+

Soukaina Boutiyeb
Ottawa

«Je me considère Franco-Ontarienne», dit Soukaina Boutiyeb, ancienne directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien, ancienne présidente de l’ACFO-Ottawa et directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne. «Quand je vois le drapeau vert et blanc, ça m’interpelle. C’est de faire vivre cette francophonie et de s’assurer que nos droits soient respectés et qu’ils ne deviennent pas des enjeux du jour au lendemain.»

Photo : Courtoisie

Kyla Heyming
Sudbury

«J’ai toujours été quelqu’un qui adore lire», dit la poète officielle de Sudbury Kyla Heyming. «Je passais mon temps à lire, mais aussi… à écrire. Souvent, en effet, j’imaginais des histoires pour lesquelles je ne trouvais pas l’équivalent. Alors j’appliquais la fameuse citation [de la romancière américaine Toni Morrison] : “S’il y a un livre que tu veux lire, mais qui n’a pas encore été écrit, alors tu dois l’écrire.»

 

Photo : Courtoisie

Francesca Mérentié
Toronto

«En Haïti, mon pays d’origine, je portais des histoires avec mon corps et ma voix», dit la journaliste Francesca Mérentié à Radio-Canada. «À présent, au Canada, ma terre d’accueil, je me dédie corps et âme à raconter les enjeux, les réalités, la fierté des communautés culturelles dans ma province d’adoption, l’Ontario.»

 

Photo : Courtoisie

Katiya Gareau-Jones
Sudbury

«Et que faudrait-il faire? Altérer notre identité, et omettre qui nous sommes. Découragés. Tout comme un arbre coupé, où il reste seulement qu’une souche déracinée», disait l’étudiante Katiya Gareau-Jones, qui revendique son héritage Cri, dans son poème L’aperçu d’une jeune fille autochtone. «Je voudrais sourire inclusivement, et c’est bel et bien le temps!»

Photo : Courtoisie

 

Karelle Sikapi
Ajax

«Ma vision pour la jeunesse est celle-ci : une jeunesse sensibilisée aux divers enjeux sociétaux du passé et du présent», dit Karelle Sikapi, présidente de la FESFO dans l’année qui a suivi la Résistance (2019). «J’imagine une jeunesse engagée dans les problèmes de la société, des jeunes ouverts à apprendre sur les diverses réalités qui les entourent. Une jeunesse qui n’a pas peur de questionner le système en place et de pousser ses limites pour se faire entendre.

 

Première histoire : La Nouvelle-Angleterre

Commençons par ces fameux Pilgrims. Il s’agissait de puritains, c’est-à-dire des membres d’une mouvance religieuse de l’Église d’Angleterre qui voulaient «purifier» celle-ci de penchants trop catholiques à leur gout. Une partie des puritains – dont sont issus les Pilgrims – voulait carrément se dissocier de l’Église anglicane. Pour cette raison, on les a alors qualifiés de «séparatistes».

Arrivée des Pilgrims dans la baie de Massachusetts en décembre 1620. (1876)

Source : Wikimedia Commons – Domaine public

Persécutés, plusieurs d’entre eux décident de s’installer aux Pays-Bas – alors les Provinces-Unies – dans les années 1607-1608. Mécontents de leur sort, ils réussissent après quelques années à obtenir une charte du roi d’Angleterre – le pays qu’ils avaient fui – pour s’établir en Amérique du Nord, mais loin de l’influence de la colonie anglaise naissante da la Virginie.

Ainsi, en 1620, une centaine de ces Pilgrims montent à bord du mythique Mayflower pour traverser l’océan. Ils touchent terre près de l’actuelle ville de Boston, dans un lieu qu’ils nomment Plymouth.

L’année suivante, le groupe célèbre sa première récolte dans le Nouveau Monde en rendant grâce à Dieu. Cet évènement est généralement reconnu comme étant LE premier Thanksgiving.

Mais un autre épisode – beaucoup moins connu – rivalise avec celui des Pilgrims.

Le Mayflower à Plymouth peint par William Halsall 1882.

Source : Wikimedia Commons – Domaine public

Seconde histoire : La Virginie

En 1619, un groupe de colons anglais arrive en Virginie, fondée une douzaine d’années plus tôt. Aussitôt débarqués, ces nouveaux arrivants tiennent une célébration religieuse pour remercier Dieu.

La charte de la London Company, responsable de cet établissement, prévoyait que le jour de l’arrivée des colons serait consacré annuellement «comme un jour saint d’action de grâce envers Dieu tout-puissant».

Une célébration annuelle commémorant ce jour est effectivement organisée annuellement, mais seulement depuis… le milieu du 20e siècle.

Mais attention : une histoire venant du Canada conteste le titre de première Action de grâce.

L’explorateur Samuel de Champlain a créé l’Ordre de Bon Temps à Port-Royal, en Acadie, en 1606 afin d’égayer les hivers rigoureux. (Charles William Jeffreys, 1925)

Source : Wikipedia

Troisième histoire : Le Canada

Le challenger est Martin Frobisher. Vers la fin du 16e siècle, cet explorateur anglais, comme bien d’autres Christophe Colomb de ce monde, cherche le moyen de se rendre en Asie par l’ouest. Il s’acharne pendant trois expéditions à trouver ce fameux passage dans les eaux arctiques.

L’explorateur anglais Martin Frobisher a mené trois expéditions sur les côtes de ce qui est maintenant le Nunavut, à la recherche d’un passage vers l’Asie.

Photo : Cornelis Ketel, vers 1577 Source : Wikimedia Commons – Domaine public

Lors de son troisième voyage, en 1578, le mauvais temps disperse sa flottille de 15 navires et certains repartent vers l’Angleterre. Les autres se rassemblent à l’actuelle ile de Baffin, dans une baie qui portera par la suite le nom de Frobisher, où se trouve maintenant Iqaluit, capitale du Nunavut.

Frobisher y organise une cérémonie pour rendre grâce à Dieu d’avoir épargné son équipage de la mort. L’Encyclopédie canadienne affirme avec autorité qu’il «est de notoriété publique que le premier Jour d’Action de grâce en Amérique du Nord fut célébré par Martin Frobisher et son équipage […] en 1578».

Dans cette compétition «pour la célébration de la première Action de grâce», mention spéciale à Samuel de Champlain, cofondateur à la fois de l’Acadie, puis de Québec. Installé à Port-Royal (aujourd’hui Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse), Champlain fonde l’Ordre de Bon Temps en 1606, après un hiver durant lequel nombre de ses compatriotes français sont morts du scorbut. Cet Ordre avait notamment pour but d’organiser de grands festins pour divertir la colonie.

Évidemment, les Américains contestent les prétentions canadiennes et jurent qu’ils étaient les premiers à fêter l’Action de grâce.

Pourtant, certains historiens et experts autochtones rappellent que les ancêtres des Premières Nations célébraient la récolte d’automne bien avant l’arrivée des Européens, une tradition remontant à des milliers d’années.

Mais quand fêter l’Action de grâce?

Il a fallu bien du temps pour que ces premières moutures de gratitude deviennent un jour férié célébré à date fixe.

Aux États-Unis, cela s’est fait en plusieurs étapes. En 1777, les treize colonies fédérées proclament le premier Thanksgiving national.

En 1789, le premier président américain, George Washington, désigne le 26 novembre comme congé pour célébrer l’Action de grâce.

En 1863, le président Abraham Lincoln fixe la date au dernier jeudi de novembre.

En 1939, le dernier jeudi de novembre tombe le 30 et le président Franklin D. Roosevelt décide de déplacer le congé à l’avant-dernier dernier jeudi du mois, afin d’éviter une saison d’achats de Noël écourtée. Seize États refusent de se soumettre à cette décision et conservent la date préalable.

Pendant deux ans, les deux dates cohabiteront, jusqu’à ce la journée soit définitivement fixée, en 1941, au quatrième jeudi de novembre.

Ouf!

L’Action de grâce est une occasion pour plusieurs de partager un repas en famille.

Photo : Ms Jones Source : Wikimedia Commons

Ce n’est pas plus simple au Canada.

Ici aussi, la date va gambader un peu. Au 19e siècle, l’Action de grâce se célèbrera à différents jours et moments de l’année. Parfois, elle sera associée à un évènement spécial, comme en 1872, alors qu’elle souligne la guérison du prince de Galles, fils de la reine Victoria et futur Édouard VII.

En 1879, le Parlement désigne le jeudi 6 novembre comme jour de congé annuel pour cette fête. Mais encore une fois, l’Action de grâce se défile ; elle changera de date plus d’une fois et sera célébrée aussi tard que le 6 décembre. Parfois, la date coïncidait avec celle du Thanksgiving américain.

Puis, la fête se déplacera en octobre, mais à différents jours, selon les années. En 1921, elle reviendra en novembre, soit le lundi de la semaine du 11 novembre, qui coïncide avec le jour de l’Armistice. Dix ans plus tard, il est décidé que l’Armistice sera désormais souligné précisément le 11 novembre et qu’il prendra le nom de jour du Souvenir.

C’est alors que l’Action de grâce est à nouveau transplantée en octobre, au deuxième lundi du mois, et ce, de façon définitive… sauf – il faut toujours une exception à toute bonne règle – en 1935. Pourquoi? Comme les élections fédérales tombaient le même jour, la fête a été remise cette année-là au jeudi 24 octobre, non sans critiques.

Épuisant, non?

On peut au moins se réconforter dans le fait que, si le Canada et les États-Unis divergent d’opinion sur la paternité de l’Action de grâce, une chose les unit : la dinde.

En plus de leur amour partagé pour le théâtre, Allain Roy et Émanuel Dubbeldam se sont trouvé un point commun : le Nouveau-Brunswick.

Né à Caraquet dans la péninsule acadienne, Allain Roy est rentré au bercail il y a quelques années pour prendre la codirection générale et la direction artistique du Théâtre populaire d’Acadie après avoir passé quelques décennies à Montréal.

Émanuel Dubbeldam, comédien et dramaturge, est né et a vécu toute sa vie à Edmonton. Issu d’une famille exogame, il a toujours parlé français avec sa mère, qui est originaire de Campbellton, au Nouveau-Brunswick.

«On dit qu’il y a six degrés de séparation, mais avec une mère qui vient du Nouveau-Brunswick, on dirait qu’il y a un ou deux degrés de séparation», plaisante Émanuel Dubbeldam.

Allain Roy pendant les répétitions de Savèches, une fragmentation contemporaine en trois mouvements.

Photo : Courtoisie Théâtre populaire d’Acadie

Écoutez l’épisode «Entre famille et francophonie» du balado Contact établi.

Dans ce quatrième épisode, faites la connaissance d’Allain Roy et d’Émanuel Dubbeldam qui discutent de leur identité linguistique et de la place de la communauté dans leur vie.

Redécouvrir sa francophonie

La question de l’identité linguistique et culturelle a occupé une grande place dans leur conversation.

«J’ai été à Montréal presque 30 ans comme travailleur en théâtre, assistant à la mise en scène et régisseur dans les théâtres montréalais», affirme celui qui a notamment côtoyé Robert Lepage, René Richard Cyr et Brigitte Haentjens.

«Quand j’ai commencé à travailler en théâtre à Montréal, j’étais assistant-régisseur et souvent tu as à souffler le texte. J’étais dans des situations où je devais souffler du Racine par exemple, mais avec le gros accent acadien, pouf! Ça stoppait la répétition.»

Il ne s’en est pas formalisé pour autant parce qu’il a adopté la famille du théâtre montréalais et voulait en faire partie. Au fil du temps, son accent acadien s’est effacé.

«C’est en revenant m’installer en Acadie que j’ai découvert la francophonie canadienne. Je te dirais que ç’a été le plus grand choc.»

Il affirme sentir une force dans la francophonie canadienne depuis son retour en Acadie.

«Dans la francophonie canadienne, je sens qu’il y a une force de vivre et de faire rayonner le français tout en acceptant une réalité qui est bilingue.»

Émanuel Dubbeldam

Photo : Courtoisie

Être francophone ou bilingue : telle est la question

«Je suis bilingue et je suis francophone», affirme Émanuel Dubbeldam.

«Au Canada, il n’y a pas d’identité culturelle associée avec l’anglophonie, c’est comme le défaut. Mais la francophonie canadienne, et surtout la francophonie hors Québec, c’est identitaire, c’est culturel. Oui, je m’associe à cette étiquette, pas nécessairement à l’étiquette anglophone, mais oui à l’étiquette bilingue parce que ça fait partie aussi de mon quotidien.»

Émanuel Dubbeldam coanime l’émission jeunesse ONIVA! à la télévision de Radio-Canada depuis 2017.

Photo : Courtoisie Émanuel Dubbeldam

Le père d’Émanuel lui a toujours parlé en anglais et sa mère toujours en français. Il s’estime chanceux d’avoir pu grandir avec les deux langues et de pouvoir vivre dans les deux univers.

«J’ai une langue maternelle et j’ai une langue paternelle», s’amuse-t-il à dire.

C’est important aussi pour Émanuel Dubbeldam d’utiliser divers registres de français pour s’adapter à divers contextes.

«Avec mes amis, je ne parle pas le même français qu’en situation soutenue. Je parle un différent français selon le contexte dans lequel je suis.»

Allain Roy craint un appauvrissement de la langue par l’inclusion d’un trop grand nombre de mots anglais dans les conversations en français, ce à quoi s’oppose Émanuel Dubbeldam.

«Il y a des choses qui doivent être comprises universellement. Mais quand ça vient à l’art, par exemple au théâtre, pour moi, c’est très important que ma communauté se reconnaisse», argumente-t-il.

Savoir qui on est

Émanuel Dubbeldam est un militant queer et un des membres fondateurs du Comité FrancoQueer de l’Ouest.

Après avoir passé une partie de son enfance et de son adolescence à ne pas se sentir à l’aise dans son corps et avec son identité, il s’est rendu compte, en 2016, qu’il était trans. L’année suivante, il entreprenait sa transition.

«C’est une des meilleures décisions de ma vie. Ç’a complètement changé mon niveau de confiance en moi-même, en qui je suis. Je n’ai que de bonnes choses à dire de ma transition.»

«Je trouve ça admirable», s’empresse de lui dire Allain Roy, ému par l’histoire de son interlocuteur, qui note qu’il y a encore des malaises autour de lui et qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir.

«Le malaise est nécessaire, dit Allain Roy, parce qu’il nous fait avancer. Quand je me retrouve devant des situations comme ça, ça me force à me questionner. Je dirais même que l’humanité avance avec des questionnements.»

«Ça prend de la vulnérabilité d’avouer qu’on ne connait pas quelque chose ou qu’on n’est pas certain de quelque chose. Ce n’est pas surprenant que ce malaise, cette vulnérabilité-là, c’est quelque chose qu’on veut éviter. Mais sans l’accueillir à bras ouvert cette vulnérabilité, on ne va jamais rien apprendre», conclut Émanuel Dubbeldam.

Qu’est-ce que Contact établi?

Le balado Contact établi présente des rencontres improbables entre des francophones qui ne se sont jamais croisés, qui viennent de deux régions de la francophonie et qui sont issus de deux générations différentes.

Une initiative de Francopresse réalisée grâce à une bourse Enrichir nos communautés d’Unis TV.

Un nouvel épisode de Contact établi sera dévoilé sur Francopresse.ca chaque samedi matin, jusqu’au 15 octobre.

L’assouplissement qui permet aux étudiants étrangers de travailler plus de 20 heures par semaine pendant une session à l’extérieur du campus ne sera valable que du 15 novembre 2022 jusqu’au 31 décembre 2023.

Le ministre Fraser y voit des avantages pour les employeurs et les étudiants. D’abord, une opportunité pour «plus de 500 000 étudiants internationaux, qui sont déjà au Canada, d’acquérir une expérience de travail précieuse», en même temps qu’un «coup de pouce» aux employeurs qui cherchent à embaucher juste avant la période de Noël.

Sean Fraser réitère : «Je veux augmenter le taux d’acceptation des étudiants internationaux francophones, et il y a beaucoup de stratégies possibles.»

L’une d’entre elles, dont le ministre et sa secrétaire parlementaire Marie-France Lalonde ont souligné plusieurs fois le «succès», est le Volet direct pour les études (VDE) qui vise déjà les étudiants francophones de deux pays d’Afrique : le Maroc et le Sénégal.

À lire aussi : Nouvelles cibles d’immigration : et les francophones?

Le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, en conférence de presse vendredi matin.

Photo : Inès Lombardo - Francopresse

Sur l’autorisation faite aux étudiants étrangers de travailler désormais plus de 20 heures par semaine hors campus pendant une session, Sean Fraser évoque une «opportunité massive pour les étudiants internationaux francophones. […] Je n’ai pas de boule de cristal, mais j’espère que les étudiants francophones travailleront pour les entreprises qui desservent des communautés francophones, tout en développant une expérience de travail.»

Il a ajouté : «On va essayer quelque chose de nouveau, voir ce qui se passe. Entre novembre de cette année et la fin de l’année prochaine, nous aurons l’occasion d’avoir les retours des nombreux étudiants concernés par cette mesure. Ils pourront nous dire si ça a fonctionné, et ce qu’on peut faire pour améliorer les choses.»

Une «réflexion sur la flexibilité» à IRCC

Martin Normand, directeur de la recherche stratégique et des relations internationales à l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), voit un «effet possible» dans les communautés francophones en situation minoritaire : «Il y a des besoins en main-d’œuvre partout, l’étude qu’on a publiée [avec la FCFA et le RDÉE Canada, NDLR] l’a bien démontré. Il y a des secteurs économiques où les étudiants internationaux sont très présents. Ce ne sera pas une solution miracle, mais peut-être que ça pourra enlever un peu de pression sur certains employeurs».

À lire aussi : Passer à la vitesse supérieure pour combler la main-d’œuvre francophone

Il retient également une «réflexion chez IRCC sur l’intégration de plus de flexibilité. C’est là-dessus qu’on devrait poursuivre le travail, avec IRCC et Emploi et développement social Canada (EDSC), pour voir s’il n’y a pas d’autres mesures flexibles à insuffler pour que les étudiants internationaux profitent de programmes qui ne sont pas ouverts aux résidents permanents.»

Il cite l’exemple de Jeunesse Canada au travail (JCT) : «Les étudiants internationaux ne peuvent pas occuper les postes financés par JCT, mais dans certaines communautés francophones, des postes restent non comblés alors qu’il y a des étudiants internationaux sur place pour les occuper. J’espère que cette annonce peut devenir une flexibilité dans le système pour les étudiants internationaux.»

Martin Normand trouve «judicieux» que la mesure soit temporaire : «On ne voudrait pas que les étudiants se retrouvent dans une situation où ça devient alléchant de travailler 30 ou 40 heures par semaine, qu’ils négligent leurs études et que ça nuise à leur statut au Canada s’ils ne peuvent pas poursuivre leurs études à cause de ça.»

Des permis d’étude étendus automatiquement

Marie-France Lalonde, secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration et le ministre Sean Fraser.

Photo : Inès Lombardo - Francopresse

Le ministère de l’Immigration lance aussi un «projet-pilote» visant à automatiser les prolongations de permis d’études. Les demandes de prolongation d’un petit groupe de demandeurs seront «traitées beaucoup plus rapidement», selon IRCC.

«Je veux être très clair : les demandes qui ne seront pas automatiquement approuvées seront entièrement examinées par un agent, car seul un agent peut refuser une demande», a-t-il ajouté.

Le ministère de l’Immigration avait fait face à des critiques sur l’utilisation du logiciel Chinook par les agents qui traitent les demandes d’immigration. L’outil ne prenait pas en compte l’aspect humain des demandes de permis d’études et menait à de la discrimination.

Si le projet porte ses fruits, il sera pérennisé, notamment pour «permettre aux agents de se concentrer sur les demandes plus complexes». Du début de l’année à la fin aout, le ministre a assuré qu’IRCC avait reçu plus de «452 000 demandes de permis d’études». Il a précisé qu’IRCC justifiait un taux d’approbation pour les demandes de permis d’études au pays «d’environ 96 %».

Plus sur la francophonie

La Coalition avenir Québec (CAQ) a remporté les élections provinciales québécoise avec 90 sièges sur les 125 disponibles à l’Assemblée nationale. Le parti a remporté 41 % des suffrages exprimés.

François Legault

Photo : Courtoisie Émilie Nadeau

Les trois principaux partis d’opposition se sont partagé les 35 sièges restants : Québec solidaire (11 sièges), le Parti libéral québécois (21 sièges) et le Parti québécois (3 sièges). En tout, 58 femmes siègeront en tant que parlementaires à Québec, un record dans l’histoire de la province.

«Je tiens à féliciter le premier ministre François Legault et la Coalition Avenir Québec pour leur victoire aux élections. La FCFA se réjouit également de la réélection de la ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel», a assuré Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, par communiqué de presse.

Elle a aussi souligné les «excellents liens» de son organisme avec un gouvernement québécois «pleinement engagé au rapprochement des francophonies canadiennes», notamment «dans la Loi 96 et dans la nouvelle Politique du Québec en matière de francophonie canadienne».

Deux juristes francophones se sont opposés en comité sénatorial à la mention de la Charte de la langue française (loi 101) dans le projet de loi visant à moderniser la Loi sur les langues officielles (C-13).

Dans le projet de loi, le français est reconnu comme la langue officielle du Québec par le biais de la Charte de la langue française. Les entreprises québécoises sous juridiction fédérale ont aussi le choix de s’assujettir à la Charte ou à la Loi sur les langues officielles pour les services en français aux consommateurs et les communications internes aux entreprises.

Pour Michel Bastarache, ex-juge à la Cour suprême du Canada, la Loi sur les langues officielles promeut les langues minoritaires, contrairement à la loi 101 du Québec. «Il ne faut pas mêler les genres, la loi québécoise sur la langue officielle est plutôt une loi sur la non-discrimination pour ce qui est des langues autres que le français. Quand l’objet des lois n’est pas conciliable, je ne vois vraiment pas l’utilité de faire ça.»

L’ex-ministre libéral de la francophonie canadienne au Québec, Benoît Pelletier, abonde dans le même sens. «Je n’aurais pas tendance à imposer la Charte de la langue française aux entreprises privées de nature fédérale. Je ne vois rien qui enlève quoi que ce soit à la langue française dans C-13. […] Je n’ai pas compris encore ce conflit entre Ottawa et Québec sur l’application de la Charte, car C-13 permet aux entreprises privées de choisir de s’y soumettre. […] À priori, je trouve que c’est suffisant.»

Le Parlement n’aura finalement pas recours aux services de traduction d’interprétation externe ou à distance.

Le Bureau de régie interne (BRI) de la Chambre avait approuvé en mai un projet pilote pour tester le recours à «des services d’interprétation externe ou à distance» pour l’interprétation simultanée. Mais ces employés ne répondent pas aux qualifications auxquelles répondent les interprètes accréditées par le Bureau de la traduction, selon l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC-Canada). Un sondage mené par l’AIIC avait démontré que le projet-pilote n’aidait pas les conditions de travail des interprètes accrédités au Parlement.

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Le président de la Chambre des communes, Anthony Rota a toutefois exprimé une «possibilité» que le recours aux interprètes externes soit réexaminé «plus tard».

Jeudi, le commissaire aux langues officielles Raymond Théberge a plaidé une adoption «rapide» de C-13 devant le Comité permanent des langues officielles.

Il a emboité le pas à la FCFA et aux conservateurs sur le rôle «central» que devrait avoir le Conseil du Trésor dans l’application de la loi sur les langues officielles. «Les responsabilités du Conseil du Trésor et de Patrimoine canadien se chevauchent dans C-13 pour l’instant. Le Conseil du Trésor est le ministère le mieux placé», a-t-il insisté.

Rassemblement sur la Colline le 4 octobre, en l’honneur des femmes, filles et personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues ou assassinées.

Photo : Courtoisie Twitter - Marc Miller

Autoriser plus de 20 heures de travail aux étudiants internationaux, se rappeler des femmes et filles autochtones disparues et plus de fonds pour les organismes dirigés par des Noirs

Vendredi, le ministre d’Immigration, Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC) Sean Fraser, a annoncé la levée temporaire de la limite de 20 heures de travail par semaine hors campus pour les étudiants étrangers admissibles, afin de combler la pénurie de main-d’œuvre.

Cet assouplissement ne sera valable que du 15 novembre 2022 jusqu’au 31 décembre 2023.

En conférence de presse vendredi matin, le ministre a présenté cette annonce à la fois comme une opportunité pour «plus de 500 000 étudiants internationaux, qui sont déjà au Canada, d’acquérir une expérience de travail précieuse», en même temps qu’un «coup de pouce» aux employeurs qui cherchent à embaucher juste avant la période de Noël.

Par ailleurs, IRCC lance également un projet pilote visant à automatiser le traitement des demandes de prolongation de permis d’études. Les demandes de prolongation d’un petit groupe de demandeurs seront ainsi «traitées beaucoup plus rapidement», selon IRCC.

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Politiciens, organismes et familles se sont rassemblés mardi sur la Colline pour souligner la Journée d’action nationale pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées.

«C’est une journée pour nous rappeler que nous devons continuer à faire preuve de solidarité pour prévenir la violence et créer des communautés plus sures», a déclaré Marc Miller, ministre des Relations Couronne-Autochtones, présent au rassemblement.

La semaine dernière, le projet de loi C-29 du ministre Miller pour créer un conseil national de la réconciliation avec les peuples autochtones, dirigé par des Autochtones, a passé la deuxième lecture en Chambre.

Mercredi, les élus fédéraux ont rejeté le projet de loi C-237 du Bloc Québécois visant à Loi sur les arrangements fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces et la Loi canadienne sur la santé

Le projet de loi bloquiste accordait aux provinces le choix de se retirer de tout programme fédéral dans un domaine relevant de leur compétence exclusive. Il évitait également au Québec de s’assujettir à la Loi canadienne sur la santé pour «empêcher les ingérences d’Ottawa», selon le parrain du projet de loi, le député Louis Plamondon.

Le ministre du Logement et de la Diversité et de l’Inclusion, Ahmed Hussen, lance un appel de propositions qui permettra un investissement fédéral jusqu’à 200 millions $ dans le Fonds de dotation philanthropique dirigé par les Noirs.

Le ministère a précisé par communiqué de presse que «les organismes qui respectent les critères d’admissibilité seront ensuite évalués en fonction de leur capacité organisationnelle, de leurs objectifs, de leurs activités, de leurs résultats et de leur budget. Une liste complète des critères d’évaluation est disponible en ligne».

«Ce gouvernement a toujours été là pour protéger le français à travers le pays, mais aussi à l’intérieur du Québec. J’ai bien hâte de travailler avec le premier ministre Legault là-dessus. Par rapport à l’immigration, il a déjà tous les outils s’il veut avoir plus d’immigrants francophones. On va travailler avec eux pour s’assurer que l’on comble les pénuries de main-d’œuvre, qu’on aide les communautés à croitre et qu’on protège le français en même temps.»

— Justin Trudeau lors de la période des questions du 5 octobre

«Quand il y a des crises, les journaux acadiens indépendants, comme l’Acadie Nouvelle, deviennent le véhicule à travers lequel se retrouvent les personnes qui vont se battre pour protéger leur droit à l’éducation dans leur langue», explique François Gravel, éditorialiste à l’Acadie Nouvelle lors du colloque qui s’est tenu les 1er et 2 septembre.

Le journal Le Voyageur de Sudbury a été témoin de cet effet de ralliement récemment lorsque l’Université Laurentienne, un établissement bilingue, a éliminé de nombreux emplois et presque la moitié de ses programmes en langue française.

«Le Voyageur est devenu le champ de bataille des francophones contre l’université», lance Julien Cayouette, directeur de l’information du journal. «On recevait des courriers des lecteurs — parfois plusieurs par semaine — qu’on se devait de publier […] et l’université, qui était avare de commentaires, répondait dans le journal aussi.»

Consultez le dossier : Le rôle des médias communautaires dans les luttes scolaires

Julien Cayouette (Le Voyageur).

Photo: Lila Frail

Le rôle des médias dans les luttes scolaires

Le cas du Voyageur n’est pas unique.

En 1913, le quotidien Le Droit a été fondé à Ottawa en réaction au Règlement 17 en Ontario qui interdisait l’enseignement du français dans les écoles après la 2e année. Soixante ans plus tard, en 1972, Le Voyageur suivait la crise de Sturgeon Falls. Toujours en Ontario, dans la région de la baie Georgienne, Le Goût de vivre s’était largement engagé dans la lutte pour l’école de la Résistance à Penetanguishene en 1979.

Érik Tremblay (L’Eau vive).

Photo : Lila Frail

Les luttes étaient souvent livrées contre les autorités gouvernementales, mais ces dernières avaient parfois des alliés surprenants, comme en Saskatchewan où le gouvernement Anderson, aidé par le Ku Klux Klan (KKK), a pris le pouvoir à la fin des années 1920. Peu de temps après son élection, il a aboli l’enseignement du français dans les écoles. À cette époque, les membres du KKK de la province ciblaient les francophones majoritairement catholiques, mais minoritaires par rapport aux anglophones protestants.

«Il y a une génération qui a été très heurtée par l’action du KKK et du gouvernement […]. Aujourd’hui, la Saskatchewan compte 15 écoles primaires et secondaires et 2 institutions postsecondaires. C’est énorme pour la communauté qui est en train de se reconstruire grâce à ça», rappelle Érik Tremblay, directeur général de L’Eau vive.

Se donner des outils pour demeurer objectif

«C’est grand le Canada, c’est étendu, mais mon Dieu que c’est petit la francophonie canadienne! Tout le monde se connait d’une façon ou d’une autre», affirme Mélanie Tremblay, rédactrice en chef de Francopresse.

«Le milieu scolaire est souvent partenaire de nos journaux : les gens veulent se voir, veulent se lire, savoir ce qui se passe […], mais quand vient le temps de critiquer ces gens-là, on doit avoir des outils en place», précise Mélanie Tremblay.

Pour cette raison et pour éviter que les journaux en milieu minoritaire deviennent des porte-paroles serviles des organismes francophones, Réseau.Presse a créé la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

L’objectivité reste parfois un vœu pieux en milieu minoritaire, concède Érik Tremblay. «Nous, on vit de Patrimoine canadien qui nous donne le tiers de notre budget, de partenaires qui nous donnent un autre tiers de notre budget, et le troisième tiers arrive, si ça va bien, avec les publicités», explique-t-il.

Il avoue que «c’est sûr qu’on est très sensibles, et on DOIT tenir compte des partenaires et des fois, si on critique un peu, si on avance vers là, il y a des limites qui sont là partout. C’est un terrain miné».

La situation est un peu différente à l’Acadie Nouvelle, qui génère plus de revenus publicitaires. «On n’a pas cette même relation-là, une dépendance avec certaines organisations [mais] on a fait le choix, il y a longtemps, de ne pas se contenter d’être un simple portevoix de la population. Il faut aller plus loin que ça», souligne l’éditorialiste du journal, François Gravel.

Rémi Léger, professeur à l’Université Simon-Fraser (C.-B.) et modérateur du panel sur le rôle des médias communautaires dans les luttes scolaires, Mélanie Tremblay, rédactrice en chef de Francopresse, et les journalistes Julien Cayouette du journal Le Voyageur (Sudbury, Ont.), Érik Tremblay de L’Eau vive (Sask.) et François Gravel de l’Acadie Nouvelle (Caraquet, N.-B.)

Photo : Lila Frail

Militer par des éditoriaux

Rémi Léger, animateur du panel sur le rôle des médias communautaires dans les luttes scolaires au colloque de Mons et professeur à l’Université Simon-Fraser en Colombie-Britannique, demande si «un journaliste peut se permettre de basculer dans le militantisme pour défendre sa communauté».

Julien Cayouette répond que, dans la section éditoriale de son journal, il se permet d’être critique et de prendre position, tout en indiquant clairement qu’il s’agit d’une opinion. Il précise par contre que les textes journalistiques doivent être objectifs et présenter différents points de vue.

Même son de cloche à l’Acadie Nouvelle. Les journalistes doivent faire preuve de neutralité, mais l’éditorial offre une certaine souplesse. «Il est possible d’y prendre position, de montrer du doigt le gouvernement, les organisations, de dénoncer, de prendre la parole au nom des lecteurs pour certaines choses ou contre d’autres», soutient François Gravel, tout en rappelant que le journal a comme politique de promouvoir et de défendre les droits de la communauté acadienne.

Frontières de plus en plus floues

La question des relations entre le Québec et les minorités francophones au Canada est revenue à quelques reprises lors du colloque, notamment du point de vue de la représentation du Québec dans les médias francophones au pays.

«Francopresse traite des enjeux politiques québécois qui peuvent intéresser les francophones hors Québec», assure Mélanie Tremblay. Elle ajoute que bon nombre de lecteurs de Francopresse sont Québécois, un phénomène qui s’observe aussi en Saskatchewan, où Érik Tremblay note que 30 % de son lectorat provient du Québec.

Il ajoute qu’avec la publication en ligne des journaux, les frontières deviennent poreuses : «On peut rejoindre des lecteurs hors de nos régions […] Le Web fait en sorte que notre contenu voyage plus.».